« Frutas del Mundo », le fabuleux verger de Dwight Carter

Guatemala rentree ecole5842 05 Juillet 2017

A Buenos Aires, au Guatemala, se niche une pépite botanique : un verger tropical de 8 hectares qu’un paisible Américain entretient avec passion depuis 40 ans.

De Fronteras-Rio Dulce, il ne faut pas plus d’une demi-heure pour atteindre Buenos Aires. C’est bien assez pour notre dos car nous voyageons dans la benne d’un pick-up qui ne fait pas de différence entre le bétail et notre petite personne. Enfin, nous arrivons sur un chemin ombragé où des hévéas bien alignés sont écorcés afin d’en recueillir la sève. Circonspect devant le pont en forme de V, a priori passablement écroulé, notre chauffeur se gare sur le bas-côté et le nous finissons à pied.

Dwight Carter, le fondateur de Frutas del Mundo, accueille avec un sourire barbu notre petit groupe composé de navigateurs au repos à la marina Manglar del Rio. Originaire du Minnesota, l’homme est loin de l’Américain typique que nous croisons chaque jour au bord du Rio Dulce : au contraire, il est calme, svelte, discret. Pour autant, il partage volontiers ses observations botaniques. Et en espagnol ! Il ne lui vient pas vraiment à l’idée de s’adresser aux étrangers en anglais…

Une visite gourmande

La visite-dégustation commence par des sapotes savoureuses, puis des caramboles douces. Devant le jacquier, nous demeurons interloqués : ses fruits seraient les plus gros du monde ; en Inde, on trouve des spécimens de plus de 10 kg. De quoi se rassasier ! Sa chair est jaune et ses grosses graines ont un goût de châtaigne. Dans la même famille, le durian arbore une peau verte couverte d’épines épaisses. Bien que son goût soit agréable, l’odeur est, pour beaucoup, repoussante. Il serait interdit dans les frigos de certaines chambres d’hôtels !

 

Le jardinier nous fait découvrir la salaca ou snake-fruit, en raison de son aspect extérieur qui fait penser à une peau de serpent. Sous l’ombre d’un bel arbre en forme de large parasol, Dwight ramasse des mangoustans. Ce fruit magnifique, baptisé « queen fruit », a une forme de mini-citrouille violette, et vient d’Asie. Il dispose d’une chair blanche onctueuse et juteuse qui fait l’unanimité. Sur le chemin, des arbres font onduler leurs branches lourdes de ramboutans, surnommés faux-litchis car le fruit, une fois épluché, lui ressemble à s’y méprendre. L’achachairu est aussi une belle découverte. Originaire de Bolivie, ce fruit jaune renferme une chair blanche, juteuse et légèrement acide. Par chance, Dwight livre des marchands sur Fronteras.

Effet miracle sur la langue

Subitement, tout le monde se met à danser la gigue dans ses tongues, attaqués par des fourmis  voraces. Droit dans ses bottes, Dwight continue la visite avec la milagrosa, qualifiée de fruit-miracle. Ce petit fruit ovale et rouge, originaire d’Afrique, a la propriété de neutraliser le goût acide pendant une demi-heure. On teste avec une mini-orange très acide : ça passe sans grimace !

 

Plus loin, notre homme grimpe dans un arbre afin de ramasser des jaboticabas. Ces petites billes violettes poussent à même le bois de l’arbre et donc sur les branches comme sur le tronc ! Elles ont un goût de raisin, pas étonnant qu’on en fasse du vin. Puis, un morceau d’écorce est taillé afin de révéler la cannelle qui se loge à l’intérieur. Afrique, Asie…, nombre de plants ont été ramenés lors de séjours lointains où le botaniste anime également des conférences de temps à autre.

 

Guatemala frutosdelmundo5747 05 Juillet 2017
Jaboticaba

Nous concluons la visite avec l’achat de fromage de chèvre (une rareté par ici), de bananes séchées, de jacques, de mangoustans, de Colombia…

facebook.com/FrutasDelMundo

 

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Gaëlle Poyade Journaliste
Gaëlle Poyade A bord du catamaran Azyu, Gaëlle Poyade observe et retranscrit ce que la navigation révèle : les teintes aquarellées du lagon, l’indolence des jours en mer et le partage d’une vie quotidienne simple.Elle raconte la Polynésie telle qu’elle se vit au fil des escales, portant une attention particulière aux rencontres chaleureuses, curieuses voire surprenantes. A travers son Carnet de voyage, Gaëlle invite à ralentir pour mieux ressentir ces iles, ces montagnes, ces hommes et femmes qui constituent l'âme de la Polynésie.

1 réflexion sur “« Frutas del Mundo », le fabuleux verger de Dwight Carter”

  1. Merci Gaelle de ce beau reportage. J’espère que Dwight tient bon, car c’est un paradis où vous vous plairiez😊 Bises

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