Comme nous le souhaitions, nous sommes enfin en contact direct avec la population. L’amarrage au port, la proximité de La Havane, les excursions avec logement chez l’habitant et nos multiples interrogations sur les us et coutumes nous amènent à côtoyer, avec bonheur, les Cubains. Mais certaines rencontres sont de véritables attrape-nigauds.

A La Havane, nous tournons en rond dans notre voiture de location. Comme annoncé, il n’y a pas un seul panneau indicateur. Nous voyant rouler en sens interdit (!), un jeune homme nous hèle. « Ah ! les touristes se perdent des heures avant de trouver l’autoroute. Je vous mène à la sortie ? ». Tout en discutant avec cet étudiant jovial, on a le sentiment de se faire balader dans les quartiers de La Havane avant d’accéder à la voie rapide. Le jeune homme nous réclame ensuite pas moins de 12 CUC (12 euros) pour se payer le taxi. Sauf qu’il est vraisemblablement rentré à pied chez lui en quelques 10 minutes.
En toute confiance…
A Trinidad, nouvelle rencontre avec un « jinetero », un pro de la petite entourloupe. Devant la demeure coloniale dans laquelle nous logeons, un jeune homme connu de nos hôtes nous propose de garer notre voiture à l’extérieur de la vieille ville, comme l’exige la police pour la nuit. Il parle anglais comme une vache espagnole et nous espagnol… comme une vache anglaise, de sorte que saoulés de ses explications confuses, on lui laisse les clés. Le lendemain, la radio ne fonctionne plus (a-t-elle été débranchée ou la batterie démontée ?) et le compteur affiche 40 km de plus ! Le sympathique Ariel s’est baladé en soirée avec notre véhicule et quoi d’autre encore ?

Un scénario bien rôdé
A Santa Clara, nous nous arrêtons sur le bas-côté pour que j’achète quelques fruits dans une échoppe. Pendant ce temps, un homme aborde Jean-Marie resté au volant. 5 minutes plus tard, un autre nous signale que notre pneu se dégonfle. Très gentil, il nous propose de nous guider jusqu’à un garage. Pas si bête ! Jean-Marie resserre aussitôt la valve qu’on vient à l’instant de nous dévisser et on repart en les remerciant chaleureusement ! Décidément, notre vigilance est mise à épreuve !
La « CUP » est pleine !
Ces petites arnaques sont le fait de Cubains qui profitent, sans violence, des touristes afin de grappiller quelque argent et améliorer leurs conditions souvent précaires. En revanche, il y en est une d’officielle : la double monnaie. En résumé, il existe une monnaie pour les Cubains, le CUP (peso cubano) et une autre pour les étrangers, le CUC (1 peso cubano convertible = 1 dollar = 1 euro). Un CUC équivaut à 25 CUP. Or, bien souvent, il n’y a pas de double affichage des prix de sorte que les étrangers payent 25 fois plus ! Ainsi, la vie est plus ou moins bon marché…


Heureusement, la gentillesse des Cubains n’est pas une légende. Et pour quelques individus intéressés, nous avons rencontré des dizaines de personnes sincères, serviables et rayonnant de bonne humeur.






