« En mer, le danger, c’est la terre »

Saint martin1782 16 Mars 2017
Catamaran en mauvaise posture à Saint Martin

Jean-Marie me l’avait souvent répété : « Au large, le vent, même furieux, c’est rien ; les vagues, attention. » On range le petit linge (les voiles !) et on fait le bouchon en attendant la fin de la tempête. Mais, près des côtes, méfiance ! même par calme plat, même quand le bateau est gentiment relié à son ancre ou à une bouée.

A Saint-Martin, les trois endroits où nous avons relâché nous ont donné des leçons de vigilance.

Dans la baie du Marigot, début mars, nombre de voiliers ont trouvé refuge car le vent hurle dans les haubans. Aussi sommes-nous proches les uns des autres avec des dizaines de longueurs de chaîne sous l’eau : le risque, c’est que celles-ci s’entremêlent. Chaque départ de bateau fait donc frissonner les voisins.

Saint martin1737 09 Mars 2017
Epave devant le fort Saint Louis à Marigot Saint Martin

L’intuition… masculine

Saint martin1819 14 Mars 2017
Grand Case village créole typique et animé

A Grand-Case, le vent, perturbé par les mornes, joue avec nos nerfs. Soit il s’annule par l’effet de la colline, soit il souffle en rafales de travers. Résultat, Balanec pivote de 90° à 180°, l’ancre se décroche et voilà comment on se retrouve, en pleine nuit, près des rochers. Depuis le Cap-Vert, nous mettons en place, au moment de nous coucher, une alarme de mouillage. Elle nous prévient si jamais le bateau sort de son cercle d’évitage. Généralement, Jean-Marie bondit de sa couchette quelques minutes avant qu’elle ne sonne. Ah ! ce 6e sens marin ! c’est plus fiable que n’importe quel GPS !

 

Saint martin1781 16 Mars 2017
Lanse Marcel

 

Dans l’anse Marcel, nous découvrons un gros catamaran d’une vingtaine de mètres encastré dans les rochers. D’après les douaniers qui enquêtent, une manille du mouillage manque : malchance ou sabotage ? C’est le 2e navire en un mois qui subit ce triste sort. A son bord, une équipe vide l’eau à l’aide d’une pompe électrique tandis qu’un pêcheur s’apprête à extraire le catamaran de la roche.

Funeste présage

Le même jour, nous apprenons que l’un de nos meilleurs bateaux-copains est dans la même posture. Le monocoque de 13 mètres est échoué contre les cailloux sur l’île de Saba : la bouée du parc marin a lâché pendant que la famille excursionnait. Après 5 jours interminables, le bateau est ramené sur remorque à Saint-Martin où l’expertise le classera vraisemblablement en épave. Choqués et attristés, nous retenons la leçon : « En mer, le danger, c’est la terre… »

Bvi2004 25 Mars 2017
Aux Iles Vierges britanniques nous découvrons une vedette ballottée sur les rochers la veille elle ny était pas

 

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Gaëlle Poyade Journaliste
Gaëlle Poyade A bord du catamaran Azyu, Gaëlle Poyade observe et retranscrit ce que la navigation révèle : les teintes aquarellées du lagon, l’indolence des jours en mer et le partage d’une vie quotidienne simple.Elle raconte la Polynésie telle qu’elle se vit au fil des escales, portant une attention particulière aux rencontres chaleureuses, curieuses voire surprenantes. A travers son Carnet de voyage, Gaëlle invite à ralentir pour mieux ressentir ces iles, ces montagnes, ces hommes et femmes qui constituent l'âme de la Polynésie.

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