Guatemala : des écoliers patriotiques

Hymne National Et Levée Du Drapeau GuatémaltèqueLe 15 septembre, le pays célèbre en grandes pompes l’anniversaire de son indépendance (1821). Pour l’occasion, l’école primaire de San Felipe avait invité les familles à partager cette journée de fierté nationale.

Passé le chahut des préparatifs, le premier groupe fait son entrée sur scène. Habillés aux couleurs nationales – bleu et blanc –, les petits élèves gantés hissent le drapeau. Main sur le cœur, la tête haute, la foule entonne l’hymne du Guatemala. Dans son ample robe typique, la directrice de l’école ne cache pas son émotion. Québécoise, elle a fondé en 2013 cette école bilingue (espagnol-anglais) qui marie les cultures d’Amérique du nord et centrale.

Hymne National La Main Sur Le Coeur
Hymne national la main sur le cœur

L’explication des symboles

Tout au long de la matinée, nous écoutons le récit historique de l’indépendance du pays. En 1821, des négociations politiques ont mis fin à la domination espagnole, évitant une guerre à laquelle, hélas, le voisin mexicain n’a pu échapper avant de disposer de sa propre souveraineté.

A la tribune, une enseignante passe en revue les symboles nationaux et explique leur signification. L’hymne dont les paroles originales ont été écrites par un Cubain, le drapeau et l’écusson. Sur ce dernier, outre des éléments plus classiques comme une couronne de lauriers ou le texte de l’émancipation, on remarque un quetzal à la très longue queue. Cet oiseau ne pouvant vivre en captivité, il est devenu le chantre de la liberté au Guatemala. Deux épées, marquant l’honneur, sont associées à deux fusils-baïonnettes croisant le fer. Ces derniers montrent la volonté du peuple à défendre son pays au moyen de la force, si nécessaire. Sur un côté de la cour, une magnifique représentation d’arbre couvre un pan de mur ; il s’agit d’un fromager (« ceiba ») que les Mayas considèrent comme sacré depuis l’époque pré-colombienne. Pouvant atteindre une hauteur vertigineuse, il semble relier la terre et le ciel, le monde des vivants et des morts. Dans nombre de lieux importants trône en effet un « ceiba » qui, par ailleurs, produit une sorte de coton appelé kapok. Je fais un clin d’œil à Coline. Quelques jours auparavant, la recherche des armoiries faisait partie des devoirs du soir. Elle a ainsi étudié ces signes et dessiné la fleur du pays (« monja blanca »), une orchidée blanche appréciée pour sa rareté et sa beauté.

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Le kapok ou ceiba est un arbre sacré chez les Mayas

Costumes et danses mayas

Semuk 15092017 dscn1177 4Le discours est entrecoupé par le spectacle des enfants. Des danses mayas mettent en scène l’offrande aux dieux. D’autres exposent, au son de la marimba, les costumes des différentes régions. Les ados se trémoussent en tenue de cow-boy, les plus petits interprètent un passage de l’opéra Casse-Noisette (héritage de l’histoire coloniale ?)… Tout au long des prestations, la directrice remet des diplômes, de dessin, d’anglais, de persévérance, d’engagement… Même le chauffeur de bus repart avec son carton de félicitations !

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Gaëlle Poyade Journaliste
Gaëlle Poyade A bord du catamaran Azyu, Gaëlle Poyade observe et retranscrit ce que la navigation révèle : les teintes aquarellées du lagon, l’indolence des jours en mer et le partage d’une vie quotidienne simple.Elle raconte la Polynésie telle qu’elle se vit au fil des escales, portant une attention particulière aux rencontres chaleureuses, curieuses voire surprenantes. A travers son Carnet de voyage, Gaëlle invite à ralentir pour mieux ressentir ces iles, ces montagnes, ces hommes et femmes qui constituent l'âme de la Polynésie.

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