En route pour le Guatemala

Guatemala5258 18 Juin 2017

Juin signe le début de la saison cyclonique qui court jusque début novembre. Il est temps de quitter les Caraïbes et de trouver refuge tout au fond du Rio Dulce, au Guatemala. C’est parti pour 5 jours de mer afin de poser pied, enfin, sur le continent américain !

Nous traversons de nuit le passage du Yucatan qui sépare Cuba du Mexique. Puis nous filons plein sud et passons devant le Belize et ses centaines de kilomètres de barrière de corail. Comme d’habitude, les trois premiers jours, je suis à ramasser à la cuillère quand le reste de l’équipage suit son train-train quotidien. Les nuits sont horribles, déchirées par des éclairs, le tonnerre et aussitôt suivis de violentes averses. Il faut tout rentrer à la va-vite, coussins, oreillers, habits, tablette, fermer les hublots, déconnecter les appareils électriques, observer et attendre à l’intérieur. En quelques minutes, l’atmosphère dans le carré est suffocante. Et le scénario se répète 2 à 3 fois par nuit, parfois plus.

Y a-t-il un pilote dans le bateau ?

Jusqu’à présent, Tabarly, notre régulateur d’allure, a barré sans souci. Mais, en quittant Cuba, nous sommes tombés dans un champ de patates de corail qui a endommagé notre safran. Le vérin tordu rend la barre très dure. Le vent augmente et, ce que nous craignons arrive, la fixation sur la roue de régulateur casse. Jean-Marie relaie Tabarly. Le pauvre, je le retrouve une heure plus tard, endormi sur la barre, mais manœuvrant tout de même le bateau avec ce fameux sens marin qui m’échappe complètement. Je le remplace le temps qu’il bricole la barre afin que Tabarly reprenne du service. On est crevé nous !

Au 4e jour, on aperçoit des globicéphales à la jupe du voilier. A la différence des dauphins, ces baleines-pilotes, comme les nomment les Anglo-Saxons, ne sont guère joueurs et ils s’éloignent rapidement. Jean-Marie fait plaisir aux filles en leur préparant des pop-corn et je sors enfin de ma léthargie.

Nature puissance XXL

Guatemala5250 16 Juin 2017
Serait ce une illusion Non ce sont les premières  terres  guatémaltèques que nous découvrons aux jumelles

 

Au 5e jour, nous voyons nettement les côtes du Guatemala. Une fois la pioche jetée dans la baie de l’Amatique, nous soufflons un bon coup. Tous nos sens se mettent alors en éveil face à la chaîne de montagnes nappée de cumulonimbus, au vert profond de la forêt luxuriante, aux cris des oiseaux tropicaux qu’on imagine de bonne taille, à la tiédeur de l’eau à peine salée et chargée de sédiments, aux insectes volant totalement inconnus. C’est sûr, on est arrivé au Nouveau Monde !

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Gaëlle Poyade Journaliste
Gaëlle Poyade A bord du catamaran Azyu, Gaëlle Poyade observe et retranscrit ce que la navigation révèle : les teintes aquarellées du lagon, l’indolence des jours en mer et le partage d’une vie quotidienne simple.Elle raconte la Polynésie telle qu’elle se vit au fil des escales, portant une attention particulière aux rencontres chaleureuses, curieuses voire surprenantes. A travers son Carnet de voyage, Gaëlle invite à ralentir pour mieux ressentir ces iles, ces montagnes, ces hommes et femmes qui constituent l'âme de la Polynésie.

3 réflexions sur “En route pour le Guatemala”

  1. Navigation difficile donc mais belle navigation. Vous êtes de vrais marins. À quel Port avez vous fait escale? Le Guatemala est tellement jolie! Bises à tout l’équipage

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