Bahamas : l’archipel-aquarelle

Exumas2569 26 Avril 2017En arrivant aux Bahamas, à San Salvador très exactement, Christophe Colomb lâcha son célèbre « Terre ! », le 12 octobre 1492, après 33 jours d’incertitude et de privations. Début avril 2017, quand Balanec entre aux Exumas, l’exclamation « Mer ! » nous semble plus juste !

Bahamas vient de l’espagnol « baja mar » qui signifie « mer peu profonde ». Il n’est pas rare de glisser à 5 nœuds (notre vitesse moyenne) dans 2 mètres d’eau ni de jeter la pioche dans aussi peu d’eau. Privilège du dériveur intégral qui n’a que 90 centimètres de tirant d’eau. De fait, ces petites profondeurs font tout le charme de cet « archipel-aquarelle ». Outremer, indigo, turquoise, azur, la palette des bleus finit dans la transparence de nappes d’eau quasi blanches. Au-dessus, le prisme de la lumière joue également de sacrés tours : en pleine journée, le ciel se teinte de rose ou luit d’une couleur verte digne d’un film de science-fiction. Bizarre, bizarre…

Comme dans un aquarium…

Sous l’eau, la même clarté offre un spectacle haut en couleurs. La grotte Thunderball, à Staniel, est indiquée dans tous les guides pour avoir servi de décor à un James Bond. Les stars que nous venons, à la nage, photographier sont tout aussi sexy que des James Bond Girls : grammas bicolores (jaune- violet) de quelques centimètres, poissons perroquets, poisson-papillon à 4 yeux (sa tâche en forme d’œil sur l’arrière trompe ses prédateurs), girelle-paon à tête bleue, baliste royal multicolore… et une diversité de coraux aux formes étonnantes. C’est un concentré de vie marine dans un mouchoir de poche.

Du bateau, l’eau est si limpide qu’on se passe de masque pour détailler les raies aux ailes majestueuses. Néanmoins, le requin d’1,50 mètre avec qui Coline s’est retrouvé nez à nez, elle ne l’avait pas remarqué au moment de piquer une tête ! Elle a eu une sacrée frousse, ce qui ne l’a pas empêché de replonger dans le quart d’heure. Des requin-nourrices, nous en croisons désormais régulièrement. A Staniel, une dizaine maraude sous les pontons, à l’affût des déchets de poisson jetés par les pêcheurs. On y réfléchit à deux fois avant de sauter sur le frêle débarcadère en bois. Pas question de rater son coup !

… mais les visiteurs, ce sont les poissons

Moi, c’est avec un barracuda que je me lie d’amitié. Ce prédateur solitaire me barre carrément la route comme je nage le long du récif. Bon, pas grave, je change de cap. 5 minutes plus tard, je m’aperçois que l’animal me suit ! Son sourire plein de longues dents pointues me coupe toute envie de baignade. Je rejoins la plage et me mets à marcher à reculons, la tête toujours dans l’eau car mon nouveau copain ne me lâche pas les palmes, même dans 50 centimètres d’eau ! Il paraît que les barracudas sont curieux et, malgré leur sale trogne, pas dangereux…

Il y a plus à manger sous notre coque que sur terre

Nos excursions sous-marines sont aussi l’occasion de dénicher des conches ou lambis. Une fois n’est pas coutume, le ticket d’entrée aux Bahamas (350 dollars) inclut un permis de pêche. Conches crues marinées au citron et à l’huile, conches panées et frites, nos amis de Jiyu nous initient à ce mets agréable et protéiné. D’autant plus apprécié qu’il est très dur de s’avitailler en frais dans les Exumas. A Little Farmers Cay, l’épicière est désolée de nous recevoir dans un local quasi vide. Les quelques tomates, pommes de terre et oignons sont hors de prix (2 dollars la tomate !). Par politesse, j’achète un paquet de céréales à 8 dollars. « Le bateau ravitailleur ne passe que tous les 10 jours et, sitôt déchargés, fruits et légumes disparaissent », explique-t-elle. Ce grand isolement implique nombre de pénuries ; toutefois, la population vit à son aise.

Sur les 700 îles, seules 30 sont habitées. Dans les Exumas, « habité » signifie qu’il y a au moins une maison. Ce chapelet d’îles fait partie des Family Islands, au statut très spécial. Le foncier est gouvernemental et se transmet de génération en génération. Sans cette mesure, l’ensemble des Bahamas serait propriété de riches étrangers et l’identité bahamienne disparue. Quel dommage car naître, grandir et vivre dans ce pays de sable, de roches et de bleu à perte d’horizon est vraiment une expérience unique.

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Gaëlle Poyade Journaliste
Gaëlle Poyade A bord du catamaran Azyu, Gaëlle Poyade observe et retranscrit ce que la navigation révèle : les teintes aquarellées du lagon, l’indolence des jours en mer et le partage d’une vie quotidienne simple.Elle raconte la Polynésie telle qu’elle se vit au fil des escales, portant une attention particulière aux rencontres chaleureuses, curieuses voire surprenantes. A travers son Carnet de voyage, Gaëlle invite à ralentir pour mieux ressentir ces iles, ces montagnes, ces hommes et femmes qui constituent l'âme de la Polynésie.

6 réflexions sur “Bahamas : l’archipel-aquarelle”

  1. coucou la petite famille
    merci pour ces superbes photos et ce beau récit
    de belles photos de mes 2 cocottes
    on dirait que tout va bien pour vous!!
    ici tout va bien la caravane commence à sortir avec tous ces ponts
    on vous embrasse bien fort
    on espère pouvoir faire un skype très bientot
    laurence et jean yves

  2. C’est magnifique!merci pour partager ses moments ça fait rêvé ! Les enfants tous bronze une belle santé et plein de bonne expériences..
    On attend les suites..
    A bientot
    La Famille

  3. Sympa ces images du paradis !
    Voir Jean-Maï tirer des bords dans un lagon en kite fait bien rêver, profitez bien.
    Bises les globe-navigateurs !

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