Parution de Quatre marins dans un jeu de quilles

Je suis heureuse de vous annoncer la publication de Quatre marins dans un jeu de quilles, le récit de notre voyage (2016-2018) en Atlantique sur Balanec !

Écrit à la première personne, il se présente sous la forme d’un journal de bord vivant qui retrace, au jour le jour, notre vie maritime, nomade et familiale. Autant dire une aventure à chaque fois que l’ancre est levée !

Quatre marins dans un jeu de quilles, c’est une façon de percer à jour le huis-clos du bateau : l’émotion du départ, l’ambiance dans un 25m2, le stress des premières grandes traversées, les accidents de santé en pleine brousse, les pannes, le cache-cache pirate, la solidarité des gens de mer….

Ce carnet de route offre aussi une vue panoramique sur le monde : plus de 21 pays visités tout au long de 124 escales avec de nombreux coups de cœur (le choc minéral à Lanzarote, les Mayas au Guatemala, les indiens Kunas des San Blas, la magie des Bahamas…)

Appel à souscription

Afin de lancer l’impression de Quatre marins dans un jeu de quilles, j’ai besoin de vous ! Je vous invite à acheter dès à présent 1 ou plusieurs exemplaires au prix de 16 €.

Descriptif sommaire *

  • Quatre marins dans un jeu de quilles
  • Auteurs : Gaëlle Poyade / Photos : Jean-Marie Gravot
  • Format : 14 cm x 21 cm
  • 200 pages dont 10 pages de photographies couleur
  • Parution : Avril 2020
  • Catégorie : Voyage – Développement personnel – Éducation alternative

Tarif : 16 € (+5 €de frais de port). À partir de 3 livres, les frais de port sont gratuits.

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*Description sujette à modification.

Voici quelques photos, la table des matières et un extrait

Table des matières

  1. Jour J
  2. Derrière, le continent européen. Devant, Madère !
  3. Le rallye Cornell Sailing : 3 mois d’amicale plaisance
  4. L’Afrique portugaise et créole
  5. Transatlantique : 15 jours à 4 sur une coque de noix
  6. La France des tropiques
  7. Premières robinsonnades
  8. Bahamas, le bleu qui fait mal aux yeux
  9. Cuba, une utopie qui ne fait plus rêver
  10. Guatemala : des indiens silencieux au bord du rio Dulce
  11. Expatriés, plaisanciers, Amérindiens : des amitiés fortes
  12. Au cœur de la jungle, les pyramides, mystère de la civilisation maya
  13. Accueillis à bras ouverts dans une famille maya
  14. Honduras : les îles de La Bahia, poste avancé de la piraterie
  15. Panama : rencontre marquante avec le peuple indien kuna
  16. Canal de Panama : Balanec au côté des géants des mer
  17. Le monde est si beau vu du large

Annexe

Une histoire de famille — Voyageurs, vos papiers ! — Combien ça coûte ?

EXTRAIT – EXTRAIT – EXTRAIT

« 12 mai 2017

Après trois jours et trois nuits, nous atteignons Santa Fé, près de La Havane et gagnons la marina Hemingway. À 9 h du matin, les formalités d’entrée démarrent. Deux infirmières montent à bord prendre la température de chacun d’entre nous. Puis, c’est au tour des douaniers. L’un des hommes feuillette nos livres, ouvre les coffres, déplace les caisses. Il s’arrête, circonspect, sur la machine à coudre, puis sur le lave-linge : « C’est pour un usage personnel ? ». En fouillant, il tombe sur notre robot Thermomix, calé tête en bas : « C’est un téléphone ? ». J’ai envie de rire : un téléphone de 30 cm sur 20 cm ?! Mon Dieu, ils en sont peut-être encore au Minitel… […] Ensuite, il soulève le matelas de la bannette avant, avise un sac suspect et me demande ce qu’il contient. Je réponds « des habits ». Il enchaîne : « Les vôtres ? » Bon sang, les miens, ceux de mon mari, de ma grand-mère, quelle importance ? Il s’empare du sac et l’ouvre. Mince ! il est rempli de câbles téléphoniques. Il ne sourcille même pas et c’en est fini de la fouille. Ces quelques échanges suffisent à nous prévenir : Cuba, ça va être différent. »

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Retrouvailles paumotu

En descendant vers le sud des Tuamotu, nous repassons par l’atoll de Makemo, nourrissant l’espoir de retrouver le couple paumotu qui, en juillet 2018, nous avait accueillis avec une générosité sans pareil.

Sitôt mouillés devant Pouheva, nous débarquons au village et recherchons le logis d’Anelia et Michel situé, de mémoire, tout près de l’église catholique. Grande déception : la maison est vide, les abords encombrés de matériaux en tout genre comme si le terrain servait de remise. « Ils sont partis vivre au secteur, nous informe la voisine. C’est loin, peut-être une demie heure en voiture ». Dommage, nous repartons contrariés mais pas vaincus.

Fabrication de speed-boat à Makemo

Faisons confiance au hasard

Le lendemain, alors que nous sautons de l’annexe sur une berge corallienne, nous reconnaissons leur fils de 11 ans ; Moana Nui se baigne avec ses copains dans le hoa, une fausse passe, qui sert de port aux speed-boat. Quelques minutes plus tard, il alerte ses parents arrivant tout juste au village en scooter. Leur étonnement de nous revoir est grand ! La sœur d’Anelia, Faiti, apparaît derrière un frangipanier, leur « frère » – un raerae qui se fait appeler Catia – nous rejoint dans son short moulant et son haut en dentelle. S’ajoutent un neveu, un oncle, et les retrouvailles sont quasi complètes !

Poissons-perroquets du lagon

Le grand bain dans le bleu

Dès le lendemain, ils sont invités à déjeuner sur Azyu. En embarquant, ils nous passent un collier odorant de tiare autour du cou et je reçois des boucles d’oreilles en perles de culture. Dans une ambiance décontractée animée par la musique paumotu, ils sirotent des Hinano, la bière de Tahiti, et passent des heures dans l’eau, excités de se baigner « en pleine mer ». De toute évidence, c’est une belle journée de vacances pour eux. Le repas, précédé d’une prière et apprécié en silence, semble également un moment symbolique dont je mesure mieux le sens et l’importance par rapport à l’année dernière. En juillet dernier, Anelia et Michel avaient préparé un repas exclusivement pour nous puisque la table ne comprenait que quatre couverts ! Dans l’ouvrage Nourritures, abondance et identité, Christophe Serra Mallol explique que : « Ne pas accueillir et partager est véritablement honteux aux yeux des Tahitiens [cela va] parfois même jusqu’à embarrasser un visiteur en lui offrant une hospitalité hors mesure.  »

Coprahculteurs

Depuis quelques mois, Anelia et Michel se sont installés dans une maison en palme au sein d’une cocoteraie familiale au lieu-dit Onokanoka ; sur ce terrain, ils exploitent les noix de coco qu’ils cassent et en détachent la chair appelée coprah. Dans le lagon, ils pêchent poissons, bénitiers et divers mollusques pour se nourrir.

Séchage des noix de coco

2 sacs de coprah de 25kg chacun !

L’arbre généalogique

Le jour suivant, au sortir de la messe, nous avons rendez-vous chez Mihimere, la mère d’Anelia, de Faiti, de Catia et de 10 autres enfants ; quasiment toute la fratrie vit à Makemo. La vieille dame de 75 ans présente des traits indiens et un regard pour le moins troublant : ses yeux sont marron jaune auréolés de bleu gris. Aussitôt, elle sort un classeur contenant des photocopies de photos anciennes, remontant à son arrière-arrière grand-père ! Cet ancêtre vient du Canada et pose en belle tenue avec le prince Hinoi autour de 1840. Puis vient la photo de l’arrière grand-père, danois et des épouses polynésiennes au fil des générations. En feuilletant cet album de famille, je me rends compte que la vieille dame comme ses enfants, attentifs à nos remarques ou réactions (on leur apprend notamment que l’aïeul de Nouvelle-Écosse n’était pas écossais mais canadien) recherchent des informations sur leurs origines. Parfois, hasard bienheureux, des voiliers américains ou européens, ayant des noms de famille communs avec ces Paumotu, les renseignent effectivement sur leurs origines.

Anelia

Enterré au plus près

Avant de prendre congés, Anelia souhaite me montrer le « fare de son père », aligné aux autres maisons de la rue. Elle m’introduit dans une maison en dur de bonne taille ; il se passe quelques secondes avant que je ne comprenne : une tombe carrelée trône au milieu d’une pièce unique surchargée de décorations – colliers de coquillages, guirlandes végétales, éventail en niau, bouquets de fleurs en plastique et divers souvenirs sur les murs. Tous les membres de la famille nous y retrouvent et, en guise d’adieu, nous couvrent de cadeaux. Chapeaux tressés, paréo avec son attache en nacre, colliers de coquillages, paniers en fibres de pandanus, tee-shirts à l’effigie de Makemo… À nouveau, nous sommes surpris par l’excès de présents mais, comme l’indique Christophe Serra Mallol sur l’hospitalité traditionnelle en Polynésie, « le don appelait le contre-don », « à l’obligation de donner correspondait l’obligation de rendre », précisant que, dans les temps anciens, « il a toujours été nécessaire de partager avec son voisin affamé les provisions plus ou moins abondantes qu’on avait pu se procurer afin de recevoir le même service une autre fois. » Nous leur offrons une lampe solaire qui leur sera très utile car il n’y a pas d’électricité au secteur et promettons de repasser d’ici quelques mois. Ainsi naît l’amitié en commençant par donner.

Mihimere devant la tombe de son époux

Nous repartons couverts de cadeaux !

La tête dans les Tuamotu

Passage obligé entre Tahiti et les Marquises, l’archipel des Tuamotu s’apparente à une longue immersion. La preuve en vidéo (le lien ici) !

À Fakarava, Coline s’initie au surf tracté et au wake-board !

A Raroia, Coline et Erell tombent nez à nez avec une raie manta.

À Fakarava, je passe son niveau 1 de plongée en bouteille. Au cours des 5 sorties au nord de l’atoll, je rencontre des raies manta, des bébés requins, des Napoléons et des poissons-feuilles. Tout une faune dans 20 mètres de profondeur.

Pêche d’un tazard, protéines assurée.

La vidéo de Coline et Erell en snorkeling

Chouette des amis !

Depuis octobre, retrouvailles et adieux se sont succédés autour d’Azyu. Voici quelques belles rencontres parmi tant d’autres en Polynésie.

Ma cousine Fabienne est notre première invitée sur le catamaran ; elle a testé « pour vous » la vie pieds-nus en paréo. Ça lui a plu !

Ayant vendu Seayousoon, leur Oceanis, après bien des années de plaisir, Nicole et Michel sont repartis dans l’hémisphère nord. Le bateau, lui, a pris ses quartiers en Nouvelle Zélande. Nous regrettons ce couple joyeux et uni mais, côté voyage, il n’a pas dit son dernier mot…

A bientôt Nicole et Michel !

Fais la bise au monsieur

En quittant son école de Paopao à Moorea, Erell a chaleureusement fait la bise à son Monsieur, entendez son instituteur, Rainui de son prénom. L’heure quotidienne passée au faapu (le jardin vivrier) lui plaisait beaucoup. Pépinière pour les jeunes pousses, serre tunnel, trois lombricomposteurs, récupérateurs d’eau de pluie…le projet ambitieux est de planter, récolter et vendre fruits et légumes. Et aussi d’encourager les enfants à continuer leurs études, le seul lycée de Moorea étant… agricole !

Planter, planter, on retrouve bien là l’état d’esprit du Polynésien. C’est une obsession, surtout dans les archipels isolés. « Au moins mes enfants auront de quoi manger », entend-on dire. Il existe d’ailleurs une loi qui rend propriétaires d’un terrain les personnes qui l’ont « amélioré ». Les photos des pamplemoussiers croulant de fruits, des hauts cocotiers, des citronniers épanouis et de la haie de bananiers font foi par rapport au terrain nu originel.

Erell et son instituteur de Moorea

Ben le boulanger bio

À Moorea, nous nous sommes fait de nouveaux copains. Parmi eux, il y a Ben, le boulanger bio, qui vit en famille sur son voilier Orphée. Il lance son activité qui devrait remporter du succès au moins chez les « popa’a » car le pain, en Polynésie, se résume à la baguette très peu nourrissante. Mais à 40 centimes l’unité, les Tahitiens en raffolent !

Outre ce défi de faire apprécier un pain semi-complet au levain, il a également relevé celui de cuisiner, pendant 10 jours, pains, brioches, gâteaux, desserts pour un groupe de touristes vegan, c’est-à-dire sans œuf ni lait ni miel. J’ai eu la chance de l’assister une journée dans un laboratoire professionnel de cuisine me chargeant de la réalisation du « poe mautini ». C’est un dessert polynésien qui associe la courge, la farine de manioc et le lait de coco sous forme de purée gélatineuse. Une « lichouserie » !

À Moorea, une cuisine professionnelle

Le jeune équipage de Nigloo et Orphée réunis pour l’anniversaire de Gaëlle

La communauté de Taina

A Tahiti, le mouillage principal regroupe des centaines de voiliers. C’est parmi eux que Coline a fêté ses 12 ans, trop heureuse de passer son anniversaire en compagnie notamment de Cyrus et Marin.

En juillet 2018, nous avions rencontré Anelia, Michel, Moana Nui, Faiti, Catia… sur l’atoll de Makemo. Accueillis comme des rois dans cette famille paumotu modeste, nous espérions vivement les revoir. C’est chose faite (article à suivre) !

À bord du Bougainville

Ses amarres frappées au quai de Rotoava, sur l’atoll de Fakarava, le Bougainville invite les habitants à la visite.

En compagnie d’autres bateaux-copains comme Cattleya et Ubi, nous saisissons l’opportunité d’admirer le lagon à 15 mètres de hauteur. Un promontoire adapté à la mission du navire militaire chargé de la surveillance dans le « petit » triangle polynésien allant de Hawaï aux Samoa et à Pitcairn.

Transport de marchandises et de troupes

Nous déambulons de long en large, parcourant les 75 m du navire, découvrant le carré des officiers, le local de plongée, le poste de commandement, les cuisines, etc. Le bateau navigue avec 23 « hommes » d’équipage, certains sont des femmes. Au besoin, le Bougainville embarque jusqu’à 60 personnes, « comme lorsqu’il s’agit de déposer un bastion de militaires sur Moruroa », cite Florian, notre guide, en exemple. Les essais nucléaires ayant pris fin en 1996, je me demande bien ce qu’ils y fabriquent.

Dénoncer la pêche outrancière

Ses missions principales sont de contrôler la sur-pêche (malheureusement sans capacité légale d’interpellation), de porter assistance lors de gros évènements (naufrage, remorquage, feu, cyclone…) ou de transporter d’une île à l’autre de lourds équipements.

De l’avis de notre guide, le bâtiment militaire demeure surtout un lieu d’entraînement car les interventions en situations réelles d’urgence sont rares : « Une en 10 ans ! ». Tant mieux et merci la France !