Savez-vous grimper au cocotier ?

Le Heiva Tu’ aro Patitifa rassemble les meilleurs athlètes du Pacifique dans plusieurs disciplines ancestrales comme le lancer de javelot, le décorticage de coco ou encore le lever de pierre. Par chance, les épreuves se déroulent dans le joli parc de Vairai devant lequel mouille Azyu.

Au top départ, les « patia » fusent dans le ciel bleu pur. Dotés d’une dextérité admirable, les lanceurs de javelots, en jupe paréo, visent une coco fichée au sommet d’un poteau de 7 m de hauteur. A la fin du temps imparti, la coco est criblée de bâtons de toutes les couleurs tel un jeu de mikados géants. Les enfants s’essaient au lancer avec de petits ateliers prévus pour eux. Dommage que les grands n’aient pas le loisir de s’y initier !

Les champions du coprah

Pour le décorticage de la coco, pas besoin de cours. Quand on passe plusieurs mois sur les atolls des Tuamotu, les cocos, on en débourre et on en râpe des dizaines. Mais à petite vitesse… il nous faut bien 1/4 d’heure pour venir à bout d’une seule. Aujourd’hui, la pelouse dégagée de Vairai est tout encombrée de tas de 100 cocos. Le but, pour chacun des concurrents, est de fendre les fruits à la hache puis d’en extraire l’amande avec une sorte de couteau-cuillère. Bon, vu le nombre, je me dis qu’on en a pour un moment. Sitôt le chronomètre parti, les hommes endiablés découpent à la vitesse d’une coco par seconde ! L’eau de coco gicle en grosses gerbes, les mains habiles enlèvent la chair en deux mouvements maximum et les dos ruissellent de sueur sous la cadence et le soleil. En moins de 20 minutes, c’est fini ! Le champion de Maupiti, Steeve Maruae, expose, avec un large sourire, ses sacs de jute remplis de coprah. La chair de coco destinée à la fabrication d’huile non alimentaire – l’envoûtant « monoï » et autres cosmétique – est appelée coprah. C’est le travail familier de milliers de Polynésiens et Polynésiennes.

De vrais singes

Par le passé, le cocotier représentait un moyen de subsistance essentiel car tout y était utilisé pour les besoins de la vie quotidienne ; feuilles, fibres, noix, autant de matières premières encore plus ou moins employées dans le domaine de l’habitat, de l’alimentation et du transport. De nos jours, quand on veut récolter la coco pour son eau, il faut alors se saisir des fruits verts… toujours dans l’arbre. Et donc grimper au cocotier. Sept compétiteurs sont en lice dont le champion du monde, des Îles Cook. Le défi est de se hisser à mains nues à 8 mètres, les chevilles maintenues ensemble par un lien en corde, en palme tressée ou en tissu. Avant de s’élancer, chaque homme appuie son lien sur le tronc de l’arbre comme pour demander une bénédiction. Un bond et le voilà qui crapahute en quelques secondes jusque sous les palmes ! La foule maintient son souffle ; évidemment, il n’y a pas de filet en cas de chute, et la descente semble parfois plus compliquée.

Le champion du monde de grimper au cocotier avant l’épreuve.

Des coureurs bien chargés

Les jeux se poursuivent avec la lutte traditionnelle ou encore les porteurs de fruits. Chargés de taros, pamplemousses ou régimes de bananes sur les épaules – quelques dizaines de kilos –, les concurrents disputent plusieurs courses pieds nus. Ce sont parfois les mêmes – des Samoans, des Maoris de Nouvelle Zélande, des Hawaïens – qui participent au lever de pierre, la discipline qui nous a le plus impressionnés.

Dans un prochain article, le témoignage de Tetuarii, champion des Extra-lourds.

Décorticage de la noix de coco.

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