Ahé et l’Alliance : ah ! la Belle vie !

Patrick très proche des enfants.

A Ahé, aux Tuamotu, Balanec est amarré à la ferme perlière de Patrick. Ce septuagénaire français à l’allure juvénile de surfeur a roulé 40 ans sa bosse dans le Pacifique ; chacun de ses récits est une pépite pour nous autres, aventuriers en herbe.

Au début des années 1970, Patrick largue les amarres de Los Angeles avec son épouse Diane, américaine, et leurs deux fils, Loic, 2 ans et Joshua, nourrisson. Son rêve ? La Polynésie. « L’escale d’Ahé les a mis à genoux, muets d’émerveillement […] Ahé serait leur port d’attache, avec ce village symbolisant la véritable Polynésie où la vie se déroule comme une danse mystique centrée sur le présent. » C’est ainsi que Bernard Moitessier rapporte, dans Tamata et l’Alliance, son ultime autobiographie, l’installation de Patrick, de 20 ans son cadet, au motu Poro Poro. Invité par ce dernier à Ahé, Bernard Moitessier est subjugué par la magie de l’endroit : « Devant cette piscine-aquarium se trouve le fare de Patrick et Diane. Polynésien jusqu’au moindre matériau, il est bâti à même le sol, presque les pieds dans l’eau sur le bord de la plage. J’ai beau fouiller dans mes souvenirs, j’ai rarement vu un lieu aussi beau, un coin du monde respirant à ce point la douceur de vivre. »

L’actuel faré de Patrick à Ahé.

Le voisin s’appelle Moitessier

Trois ans après l’arrivée de Patrick, Bernard Moitessier ancre Joshua à Ahé et s’y établit avec son épouse Iléana et leur fils Stephan. « C’est la première fois que j’éprouve cet impérieux besoin de planter ma tente pour un bon bout de temps, d’arrêter de courir après des chimères, de regarder plus près que l’horizon, de faire alliance avec la terre », confie-t-il dans le même ouvrage. De 1975 à 1978, le couple transforme un désert de corail brûlé par le soleil et le sel, fouetté par le vent, en un havre ombragé, percé de lentilles d’eau douce et où moustiques et rats sont tenus à distance. Point d’orgue de ces mois de labeur, un fabuleux jardin nourricier et un atelier de confection de paréos.

Un marin marchand audacieux

Confronté aux mêmes défis, Patrick se lance en outre dans le transport de poisson frais des Tuamotu sur le marché de Tahiti. Pour ce faire, il équipe d’une cale frigorifique le voilier qui l’a mené jusqu’ici : un monocoque en ferrociment construit de ses propres mains. Son naufrage près de l’atoll de Rangiroa entraîne la construction d’un deuxième bateau : un impressionnant catamaran (autour de 18 m) en aluminium doté d’un mât-aile (voile rigide). Marama (« lumière », « lune » en tahitien) parcourt des années durant la Polynésie jusqu’en Nouvelle Zélande avant d’en ramener son capitaine sur Ahé. Toujours Ahé.

Géo-Trouvetout

Aujourd’hui, en parallèle de l’activité perlière à laquelle il apporte notamment son talent de joailler au travers de luxueux et délicats bijoux, Patrick remet en état son catamaran : hélices, moteurs…, il cogite, teste et fabrique des solutions innovantes économisant l’énergie. Patrick est comme Marama, à quai mais l’étrave pointée vers le lagon, l’esprit toujours aussi vagabond. Dans les mers du sud et bien au-delà…

Une réflexion sur “Ahé et l’Alliance : ah ! la Belle vie !

  1. Joël TRISTAN dit :

    Cc les navigateurs,

    Plus de nouvelles de vous mais su que vous êtes passés dans la catégorie au-dessus. Félicitations. C’est presque  » comme à la maison  » Quels sont vos projets ? Pensez vous rester un moment en Polynésie ? Nous pensons bien souvent à vous

    Je vous embrasse Joël

    Envoyé de mon iPhone

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