Balanec au sec : réparations et entretien

RAMMarina25092017-DSCN1258-1En quittant Cuba en juin 2017, une patate de corail avait endommagé le safran de notre voilier. Afin de le réparer, Balanec a été gruté et posé à terre une semaine.

Le Belize peut s’enorgueillir de posséder, après l’Australie, la plus longue et la plus belle barrière de corail du monde (environ 300 km). Sur la route vers le Guatemala, nous n’avons pas eu le loisir d’en profiter puisque le corail, nous l’avions en travers de la gorge ou, plus exactement, du safran. Vérin tordu = navigateur dans le pétrin. Avec un gouvernail quasi bloqué, la traversée du golfe du Mexique avait été ardue. En août, un vérin tout neuf est arrivé dans les valises d’une voyageuse française, remplaçant le service postal qui n’existe pour ainsi dire pas au Guatemala.

Une expo de bateaux

RAMMarina26092017-DSCN1288-1Les berges du rio Dulce comptent des dizaines de marinas, certaines prestigieuses, d’autres confidentielles se résumant à trois pontons branlant et une bicoque en bois. A Ram Marina, on se croirait au salon nautique de Paris version plein air ; bien alignés, des centaines de voiliers, de yachts, de vedettes, de scooters des mers semblent attendre la fin des travaux, la remise à l’eau ou un nouvel acquéreur. Repère des Américains, on y parle plus anglais qu’espagnol : même au bout de 6 mois, la majorité n’ont pas appris à dire bonjour dans la langue de Cervantès.

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Balade aérienne

Après l’avoir sorti de l’eau, la grue à deux jambes dépose Balanec sur des bers. Les hostilités peuvent commencer. Jean-Marie s’attaque au safran. Démontage facile, remontage malaisé. Roni, un ouvrier du chantier embauché à la journée, nous prête main forte pour remettre en place le gouvernail qui pèse, comme dirait ma grand-mère, le poids d’un âne crevé (plus de 50 kg). Le safran monte et descend normalement, ouf !

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De mon côté, je nettoie à la brosse et à l’eau le bas de la coque pour supprimer les mousses tandis que Roni décape à la spatule le bouchain supérieur. Il est couvert d’éclats de peinture ; je suis bleue des oreilles aux orteils. S’ensuit le ponçage, le passage d’un dérochant pour aluminium puis un jet d’eau sur les parties à nues. Peinture à l’époxy, deuxième couche, deux couches d’antifooling. Après 5 jours, on arrive au bout !

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Nettoyage d’un côté, salissures de l’autre…

En septembre, au Guatemala, le thermomètre affiche gaiement 35 degrés, exactement la température qu’il fait à l’intérieur du bateau la journée. Parfois, un record de 38 degrés rend la soirée à l’intérieur du carré insoutenable. Entre les moustiques et le four, pas facile de choisir. Posé sur un terre-plein caillouteux, de couleur grise, au milieu d’un chantier sans arbre, ni ombre quelconque, la coque de Balanec crépite, elle, à 40 degrés. Je pense avec compassion aux ouvriers qui effectuent ces travaux chaque jour, souvent sans équipement adéquat.

 

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Mise en place des patins de la grue sous la coque.

 

Le sol est moucheté d’écailles de peinture, de poussières d’aluminium et de nombre de produits chimiques. Or, dans la marina, je ne vois pas d’aire de carénage ni de système de récupération des eaux usées ; tous ces déchets s’écouleraient-ils dans la nature ? Quel désastre… Je me console avec notre système à ultrasons ; en limitant l’adhésion des animaux marins sur la coque, il permet de minimiser le nombre d’antifoolings. On se promet de ne pas recommencer ces travaux polluants et de forçat avant le Pacifique !

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