Le Cap-Vert au fil des miles

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Sao Vicente, Santo Antao, Brava, Fogo, Santiago… nous n’aurons pas assez du mois d’octobre pour découvrir tout l’archipel. Car, chaque fois, l’île que nous entrevoyons est encore plus belle que sa consoeur tout juste quittée. Saudade

SANTO ANTAO

Accueillis chez notre ami crozonnais Alain, nous farnientons quelques jours sur sa terrasse. La chambre d’hôtes qu’il tient avec sa compagne Lucie, “Casa Espongeiros”, surplombe de verdoyantes montagnes qu’on ne se lasse pas d’admirer. Santo Antao est réputée pour le trek, aussi partons-nous en randonnée sur un sentier escarpé.

 

BRAVA

Quand la quinzaine de bateaux qui constituent la flottille “famille” de Barbados 50 jettent leurs ancres devant le petit village Faya d’Agua, les habitants sont si étonnés qu’ils nous prennent en photo. Il y a fort longtemps qu’ils n’avaient vu autant de voiliers tanguant devant leurs fenêtres. Nous aussi, nous sommes curieux de savoir qui ils sont ; aussi passerons-nous pas mal de temps à flâner dans l’unique rue du village ou à traîner sur le muret de pierre qui fait barrière aux vagues. Nous escaladerons aussi ces montagnes si proches : 900 mètres de dénivelé et 3h30 de marche pour moi ! Pendant ce temps, Jean-Marie fait du pain et Coline un gateau à la banane. Les sorties à terre ne sont pas si simples car il n’y a ni quai, ni cale, ni plage pour accoster. Un mètre carré de sable entre deux rochers près d’un mur effondré sera notre seul accès. Les débarquements sont souvent épiques et, parfois, il faut bien 6 hommes pour tenir l’annexe dans l’axe des vagues.

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Les journées au mouillage sont détendues et gaies. On nage d’un bateau à l’autre, les enfants s’amusent comme des fous. Erell vainc sa peur de la “mer profonde” et se jette à l’eau pleine d’entrain. Une tortue nous fait même l’insigne honneur de passer, calme et tranquille, sous la coque de Balanec. Tous les paddles sont en service pour la baignade ou comme taxis. On savoure ces moments. D’autant plus que les nuits sont loin d’être “détendues et gaies”. Comme le fond est rocheux, les ancres ne crochettent pas aussi franchement que dans du sable. Et la chaîne cogne du diable contre la coque. Résultat, une fois, nous nous réveillons à minuit au milieu de la baie : le bateau a dérivé d’un kilomètre ! Ni une, ni deux, on rallume le moteur et on retourne au mouillage ; pas si facile dans le noir complet. Echaudé, Jean-Marie décide de veiller dans le cockpit. Sage décision. A 4 heures du matin, il s’aperçoit qu’un catamaran est, lui aussi, à la dérive loin de la baie tandis qu’un monocoque dérape contre la falaise. Corne de brume du tonnerre pour réveiller les équipages qui ramènent leurs bateaux en lieu sûr. Ouf ! Nous regrettons de quitter Faya d’Agua mais pas ce fichu mouillage !

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FOGO

A Fogo, nous avons rendez-vous avec les enfants de Monte Grande.

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C’est l’un des villages reconstruits suite à l’éruption du Pico Fogo (2829 mètres, le plus haut d’Afrique de l’ouest). Ce volcan ne dort en effet que d’un oeil ; en 1995, 2004 et même 2014, il a fait des siennes. Le guide qui nous accompagne toute une journée sur le site nous raconte l’éruption dramatique de 1995 : “600 habitants ont été évacués. Il n’y a eu aucun mort mais les maisons, les cultures ont été intégralement détruites ; tous les animaux d’élevage ont également péri. Chaque 10 ans, 20 ans ou 30 ans, le volcan se manifeste. C’est ainsi, les habitants le savent et vivent avec cette menace.” Depuis 500 ans, 28 éruptions ont été recensées par le milieu scientifique.

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Glissade assurée sur les pentes de cendre.

C’est peut-être de cette réputation sulfureuse que l’île tirera quelque bénéfice. Le tourisme se développe de plus en plus (700 par an) sur cette petite île de 43 000 habitants. L’agriculture est aussi une bonne source de revenus et l’on y trouve du vin rouge et blanc. Malheureusement, les vignobles sont situés en zone volcanique de sorte que 60 % de la production est partie en fumée en 2014. Fogo tire aussi bon nombre de ses revenus des migrants (il y aurait 800 000 Capverdiens à l’étranger quand l’archipel compte 540 000 habitants) qui investissent dans leur pays l’argent gagné au Portugal, au Brésil, aux Etats-Unis ou en Europe. Pour clôturer cette visite volcanique, Coline souffle ses 9 bougies et sans aucun dégât !

 

Pour la petite histoire

Jadis, Fogo s’appelait Sao Filipe. Mais devant la fureur du volcan, les habitants lui ont préféré le nom de Fogo qui signifie “feu” en portugais. Comment un saint pourrait permettre une telle fureur ?

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Pico Fogo (2829 mètres)

 

SANTIAGO

Après 55 miles nautiques avec le vent de face, nous arrivons, un peu éreintés, à Tarafal, sur l’île très africaine de Santiago. Les pêcheurs sont actifs et nous les voyons de jour comme de nuit (enfin, la nuit, nous les entendons puisqu’ils naviguent sans aucun feu) tirer leurs filets, décharger leur poisson, se haranguer d’une barque à l’autre. On se balade dans cette petite ville agréable qui dispose d’une jolie halle pour les fruits et légumes : patates douces, avocats, maracujas, coriandre, bananes, papayes, sucreries à la coco…. tout fait envie.

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Lors d’une excursion, nous pénétrons dans le village traditionnel de Rebelados. Le terme “rebelados” désigne, durant l’époque coloniales, les esclaves enfuis dans les montagnes du nord-est de Santiago. Les villageois nous invitent à visiter, pièce après pièce, leurs maisons en bambou et feuilles de canne à sucre. Puis, nous restons un petit moment à discuter ou simplement laisser le temps passer, contents d’être parmi eux.

De retour au bateau, nous sommes invités à manger sur Kirikou. Proposition sympa sauf que ni l’un ni l’autre n’a d’annexe en état de marche. Alors, on va, en paddle, de nuit, et donc tous en maillot de bain, à notre “dîner”. Comme les poissons trompette sautent tout autour de nous, je crains qu’Erell, surprise et effrayée, ne fasse chavirer l’embarcation. Le lendemain, Coline part, sac à dos sur l’épaule, sur Kirikou, pour assister aux cours du Cned que Titouan suit. A deux, c’est plus motivant !

 

SAO VICENTE

Nous voilà de retour à Mindelo après 3 semaines de navigation au Cap-Vert et quelques 300 miles. Entre des invitations à droite à gauche, des sorties en ville ou des animations à la marina, nous préparons le bateau pour la transatlantique. Départ le 9 novembre 2016 !

4 réflexions sur “Le Cap-Vert au fil des miles

  1. laurence dit :

    merci encore gaelle pour tes écrits merci jean marie pour tes photos
    que de belles chose pour vous 4
    nous tout va bien vous pouvez regarder les photos de jean yves du championnat de kayak à morgat le wk dernier rdbphotographie
    bon voyage
    de gros bisous

  2. Tristan Joël dit :

    Félicitations pour cette belle aventur et merci à vous deux pour ces reportages de pro. Bises à vous quatre pour cette traversée. Et bon vent!

  3. antonia dit :

    Coucou tout le monde, nous sommes très heureux de vous revoir et de continuer la traversée grâce à toi Gaelle et ton blog si intéressant avec ces magnifiques & si « parlantes » photos qui sont aussi me semble t’il l’œuvre de Jean-Marie. Bravo et merci à vous deux de nous faire partager tant de beauté. Quel bonheur aussi de revoir vos magnifiques et gentilles filles que l’on embrasse fort et joyeux anniversaire à Erelle avec beaucoup de retard (pardon). Féliciations aussi à Colline pour son sérieux dans ces études. On pense bien fort à vous tous, Bon courage pour les préparatifs et la suite de votre « ballade » sur l’Atlantique. Bises de nous 2

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