Un César pour Manrique

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Natif d’Arrecife, César Manrique (1919-1992) est sans conteste l’homme providentiel de Lanzarote. Paysagiste, urbaniste, sculpteur et peintre, son influence se manifeste sur l’île toute entière.

Alors que son oeuvre pictural et plastique est, dans les années 1960, salué et exposé en Espagne, Allemagne, Belgique, Suisse, Etats-Unis… César Manrique retourne à Lanzarote pour s’y établir définitivement. A l’époque, l’île amorce un essor touristique prometteur. Sous l’influence de l’artiste, ce développement sera marqué par le sceau de la durabilité et de la préservation du patrimoine naturel et culturel de l’île. C’est-à-dire ? Quand on parcourt l’île, rien ne choque : pas de grands immeubles ni de complexes hôteliers démesurés, peu de zones industrielles et surtout, miracle !, pas de panneaux publicitaires ! Dans chaque village, un musée, du vin, de l’agriculture, de la piraterie, du volcanisme… participe de l’identité insulaire.

On doit à César Manrique plusieurs lieux très spéciaux : le mirador del Rio qui offre une vue exceptionnelle sur l’île de Graciosa, le jardin de cactus, le Taro de Tahiche, ancienne résidence de l’artiste abritant aujourd’hui la Fondation César-Manrique… Entrons dans cette dernière pour visualiser le style de cet architecte original.

piscine au sein de la Fondation César-Manrique.

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La piscine au sein de la Fondation César-Manrique

 

 

La Fondation César-Manrique

La maison est bâtie à proximité d’une coulée de lave, oui de lave ! Celle produite par les éruptions volcaniques de 1730 à 1736. Des baies vitrées, c’est donc non pas la mer, la plage ou la montagne que l’on contemple, mais un bric-à-brac de roches noires. D’architecture traditionnelle, basse, rectangulaire et blanche, cette maison révèle bien des surprises dès qu’on y pénètre. On descend un escalier qui nous mène à une “bulle” volcanique naturelle ; ce petit salon est suivi de quatre autres tout aussi incroyables. Ces cavités ouvertes sur le ciel sont parfois agrémentées d’un palmier ou d’un figuier en leur centre. Et quand il pleut ? Et bien, on éponge le sol ! Un corridor de roches nous mène ensuite à l’atelier du peintre où sont accrochées quelques-unes de ses toiles. Et d’autres signées Picasso, Miro, Chillida, Tapies…

 

Une piscine, des terrasses et des jardins complètent la visite avec un éventail de plantes cactées et autres spécimens locaux.

 

Le lendemain, en visitant Fuerteventura, la différence me saute aux yeux. Bien que Lanzarote soit plus brute au premier abord, il s’en dégage une certaine poésie. Comme s’il suffisait qu’un artiste décrète que c’est beau pour que cela le soit, et ce depuis cinquante ans. Chapeau !

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